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THE AUTHENTIC JAPANESE FURNITURE > Le mobilier Japonais 

Le mobilier japonais

On trouve sur internet moult clichés et des erreurs grossières quant au mobilier japonais. Le futon n'est-il pas partout présenté comme un meuble, alors qu'il n'en est rien ?...

En tant que spécialiste du mobilier japonais, nous avons souhaité vous proposer cette rubrique pour rétablir quelques vérités.
Notre objectif n'est pas de faire un article d'encyclopédie (il existe pour cela quelques livres spécialisés au Japon), mais de situer le mobilier japonais dans la maison japonaise et dans le contexte de la société japonaise à cette époque, pour vous donner les clés nécessaires à sa compréhension et vous guider dans le choix de vos meubles. Vous pourrez poursuivre le voyage dans le monde de l'ébénisterie japonaise en consultant notre catalogue et en visitant notre show-room (sur RDV). 

Tout d'abord, il nous semble important de définir le mot de "meuble" ou "mobilier" tel que nous l'entendons sur ce site : il s'agit d'un objet, majoritairement en bois, volumineux, dont la fonction principale est de ranger ou supporter d'autres objets, ou de porter / supporter une personne, et qui peut être déplacé dans une pièce, de façon occasionnelle. C'est une précision importante car nous sommes souvent contactés par des clients à la recherche d'éléments qui relèvent plutôt de l'agencement intérieur, attenants au bâtiment (comme les fusuma - placards, les shôji - parois coulissantes ou les tatami), de la décoration (comme les paravents), ou de l'équipement (comme les futon, les boîtes, la vaisselle).

Nous parlons ici du mobilier traditionnel, c'est-à-dire tel qu'il était jusqu'au début du XXème siècle. Le mobilier japonais a essayé de s'inspirer du mobilier occidental au cours du XXème siècle, et a ainsi perdu un peu de son âme... 
Ce que vous avez vu dans votre hôtel ou chez vos amis au Japon était probablement plus proche des habitudes occidentales. Tout au plus la famille aura-t-elle décidé de conserver une pièce traditionnelle, où vous pourrez retrouver des éléments présentés ici. Ils seront également mieux préservés dans les maisons traditionnelles, à la campagne.

Cliquez sur les thèmes ci-dessous pour en savoir plus :

L'histoire du meuble : des objets réservés à l'élite

A de rares exceptions près, le développement des meubles s'est fait timidement pendant les ères Muromachi et Edo, pour connaître son apogée pendant l'ère Meiji.
Meiji est clairement l'âge d'or du mobilier japonais.

En effet, longtemps l'unique apanage de la cour impériale et de la noblesse qui souhaitaient ranger le bien de valeur (le kimono), c'est avec le développement 

économique du Japon au XIXème siècle que les meubles ont commencé à entrer dans les échoppes et les habitations, mais il s'agit encore ici d'une clientèle très privilégiée, puisqu'elle a les moyens de posséder des kimono et de s'offrir un beau meuble pour les ranger. 

Il n'est donc pas surprenant de voir que ce sont les fonctions de rangement (commodes, vaisseliers, etc.) et les activités que l'on pratique assis (manger, écrire) qui ont été à l'origine du mobilier japonais.
Dans un pays où l'on s'assied traditionnellement à même le sol (éventuellement sur un coussin) et où l'on n'utilise pas de lit, point n'était besoin d'utiliser des chaises et leurs dérivés (fauteuils, canapés) ni de lit...

De façon très schématique, le mobilier japonais se résume à 2 familles :

  • Les zataku (tables basses), dont la fameuse variation à chauffage intégré, le kotatsu.
  • Les tansu (meubles de rangement) : il s'agit d'une famille très large, qui va des coffres aux meubles escaliers, en passant par les meubles chariots, les bibliothèques, les vaisseliers, etc. Mais en terme de nombre, c'est incontestablement la commode qui est reine, car, comme nous le disions, le besoin de départ était de protéger ses kimono

       Les premiers kotatsu

Le meuble dans la maison japonaise : utilitaire et mobile

Le meuble a une place différente dans la maison japonaise et dans la maison occidentale. 
Rares sont les familles japonaises où l'on aura voulu "meubler" une pièce, comme cela se faisait dans les familles bourgeoises en Europe.
Au Japon, on n'achète pas un meuble pour remplir un espace vide, mais bien pour remplir une fonction (ranger des vêtements, ranger la vaisselle, déplacer des objets lourds, monter à l'étage, manger à une hauteur appropriée, écrire...). On pourra évidemment, en fonction de ses moyens, choisir un beau meuble, mais cela ne vient qu'après.
La notion de l'esthétique et de la qualité du meuble reste cependant d'actualité, puisque le mobilier est souvent l'apanage des plus aisés, et qu'il est donc le reflet de la réussite sociale de la famille.

Une autre différence majeure entre le mobilier japonais et occidental est la mobilité. 
En Europe, en général seuls les petits meubles (chaises, etc.) sont déplacés au quotidien. Les autres (armoires, etc.) sont bien mobiles au sens littéral, en ce qu'ils ne sont pas attachés au bâtiment et peuvent être déplacés, ne serait-ce qu'au moment où ils sont achetés, mais ils restent souvent à la même place dans la pièce toute leur vie.
Au Japon, à l'opposé, il n'est pas rare que le meuble soit déplacé tous les jours, et c'est ce qui va influencer ses caractéristiques : les dimensions, le poids, la surface d'appui au sol, etc.

Le concept même de la maison japonaise, versatile, a énormément influencé le mobilier. A la différence des habitations occidentales, où chaque pièce a une fonction précise (la chambre pour dormir, la cuisine pour préparer le repas, la salle à manger pour les repas, etc.), les pièces japonaises sont multi-fonctions. Dans la même pièce en tatami (appelée washitsu), on prépare le repas, on mange, on travaille, on dort, on s'habille, etc.
Des différences existent selon les époques, les régions et les moyens financiers de la famille, mais les grandes lignes sont là.
Naturellement, ces activités peuvent nécessiter des meubles différents. Il faut donc pouvoir déplacer le mobilier aisément.
Pour simplifier, la table basse sera le meuble central, comme le irori (le foyer) sera l'equipement principal. On y mangera et on y travaillera. Cela reste vrai encore aujourd'hui (dans une moindre mesure, certes), beaucoup de familles continuant de vivre autour de la table basse (zataku l'été, kotatsu l'hiver), qui trône au milieu de la pièce, non loin de la télévision...  
On rangera les vêtements, la vaisselle, et le nécessaire à thé dans des tansu dédiés (on ajoute un qualificatif pour différencier par exemple les ishô dansu, les mizuya dansu et les cha dansu).
Le soir venu, on poussera la table basse dans un coin, et on sortira les futon du fusuma (placard), avant de les y ranger de nouveau le lendemain matin, et de remettre la table basse en place.
La notion de mobilité peut aller plus loin : une famille noble pouvait faire transporter son linge directement dans les tansu, qui se transformaient ainsi en malle. On pourra aussi citer les meubles chariots qui étaient parfois utilisés à l'extérieur des magasins et des habitations, pour de petits transports.

                                 La washitsu

Les sortes de tansu

Si un seul mot suffit pour les regrouper, il existe une longue liste de meubles de rangement, répondant chacun à des besoins spécifiques.

Sauf exception, les tansu sont rectangulaires, sans sculptures, avec de grosses ferrures métalliques (noires ou grises) équipées de serrures. 
A la base équipés de tiroirs, certains ajoutent des portes. 
Ils n'ont pas de pieds. 
Ils sont souvent équipés de poignées pour les déplacer. 
Ils sont assez largement chevillés, plus rarement cloutés.

La différence d'un type de tansu à l'autre tient souvent dans les dimensions (plus ou moins haut, large, profond), les types d'ouvrants (tiroirs, portes coulissantes, portes battantes), l'opacité (porte plein ou grillagée), la richesse des ferrures, ou encore la construction (structure planche ou structure section).

On ajoute un qualificatif pour préciser la fonction et "tansu" se prononce alors "dansu".

Pour ne citer que les principaux :

  • Ishô dansu : Commodes pour ranger les kimono, et par extension les vêtements. Ce sont, de loin, les tansu les plus nombreux. Environ 1 m de large et de haut, en 1 ou 2 parties, avec de grands tiroirs, et souvent une porte de coffre. Beaucoup de ferrures décoratives ainsi que pour le renforcement structurel (coins).
  • Yomeiri dansu : Commode à kimono offerte en dot lors du mariage de la fille. Généralement en 2 parties.
  • Mizuya dansu : Grand buffet (entre 1.40 m et 2.00 m de large et de haut) en 2 parties, pour ranger la vaisselle. Peut également servir de garde manger. Equipé majoritairement de portes coulissantes, pleines ou grillagées. Peu de ferrures décoratives.
  • Cha dansu : Meuble pour le rangement du nécessaire à thé. Différentes dimensions. Généralement équipé de portes coulissantes, éventuellement grillagées voire vitrées pour laisser voir la vaisselle.
  • Kaidan dansu : Meuble escalier. Il s'agissait avant tout d'un escalier, transformé en meuble pour éviter de perdre l'espace de rangement. Souvent équipé de portes coulissantes ou battantes. Ces meubles peuvent être de différentes hauteurs et avec des pentes différentes, selon l'espace disponible dans la pièce. Souvent équipés d'une rampe. Peu de ferrures décoratives.
  • Chôba dansu : Meuble de marchand. De nombreuses variations existent, depuis le petit meuble à tiroir pour ranger le nécessaire à écriture, jusqu'au grand meuble à portes coulissantes pour ranger les livres de comptes, voire de la marchandise.
  • Kuruma dansu : Meuble de rangement sur chariot en bois. Permet de déplacer aisément le meuble lorsqu'il est chargé.
  • Ko dansu : Petit meuble de rangement (ne dépassant souvent pas 50 cm de large et de haut, et étant assez peu profond), pouvant servir à de multiples utilisations.
  • Futon dansu : Meuble profond pour ranger les futon. A portes coulissantes.
  • Makura dansu : Petit meuble pour ranger les oreillers en bois.
  • Katana dansu : Meuble large et bas (environ 1.20 m de large et 50 cm de haut) à 2 rangées de tiroirs pour ranger les sabres.
  • Karakuri dansu : Meuble de rangement, généralement à tiroirs, avec des trappes secrètes, qui ne peuvent être ouvertes que lorsque les tiroirs sont dans une configuration donnée.
  • Funa dansu : Coffre de bateau. Généralement recouvert de très grandes ferrures.

   

                              Ishô dansu                                                            Kaidan dansu                                                      Cha dansu

A ne pas confondre avec d'autres classifications, souvent utilisées par les amateurs :

  • L'origine géographique : Une même région était souvent spécialisée dans un type de tansu bien particulier. Ainsi, lorsqu'on parle de Sendai dansu, il est fort probable que l'on parle des célèbres et très robustes commodes fabriquées dans la région de Sendai, le "must" des tansu.
  • L'essence de bois : Pour les essences de bois les plus remarquables (l'orme du Japon et la paulownia notamment), on qualifie le tansu avec le nom du bois utilisé pour la face avant. Sauf précision contraire, l'amateur comprendra que le kiri dansu est une commode à kimono en paulownia, et se la représentera avec de nombreux tiroirs larges et peu hauts, et avec des ferrures simples.

               

                             Sendai dansu                                                     Kiri dansu

Les essences de bois

Le client commandait à son artisan ébéniste l'essence de bois en fonction de ses moyens : on utilisait des espèces de la région (le châtaignier, le paulownia, l'orme pour n'en citer que quelques-uns). 
Pour la face avant, on préférait les feuillus, plus nobles. Les fonds de tiroirs et l'arrière du meuble utilisaient souvent du pin, comme le cyprès.

Pour nos tansu neufs, nos artisans utilisent les espèces les plus nobles, à savoir le paulownia et l'orme du Japon.
Vous trouverez des détails complémentaires dans la rubrique "Catalogue / Ligne Kôki".

La fabrication traditionnelle

Jusqu'à assez récemment (ère Shôwa), la fabrication des meubles au Japon était totalement artisanale.
Tout, depuis les planches jusqu'aux chevilles et à la colle, était réalisé par l'artisan.
Les outils de l'ébéniste sont la scie, le maillet, la chignole, le rabot, le ciseau à bois, etc.
Les techniques de jointures pouvaient varier d'un meuble à l'autre (structure section pour les grands buffets qui doivent supporter une charge importante, structure planches renforcée par des ferrures de coins pour les commodes qui devaient être déplacés), mais également d'un artisan à l'autre.
Les ébénistes et les menuisiers-charpentiers étant des professions cousines, il n'est pas anormal de trouver des similitudes avec les constructions de temples, par exemple.

Comme pour tout meuble de qualité, les fonctions mécaniques sont réalisées en bois (à l'exception des pivots et des serrures qui ont recourt au métal). Les tiroirs, ou encore les portes, coulissent bois sur bois, ce qui n'empêche pas aux tiroirs d'avoir une remarquable étanchéité, si importante à la protection des kimono. C'est un véritable défi, que l'artisan ébéniste japonais a su relever, car les étés sont chauds et auraient normalement tendance à faire gonfler le bois. C'est sans compter sur les petits secrets de nos artisans...

La technique du placage, enfin, s'est affinée pendant l'ère Meiji et commence à montrer sa supériorité par rapport à la planche massive qui a tendance à se fissurer. 

Pour nos tansu neufs, nos artisans, eux-même issus de familles d'ébénistes depuis plusieurs générations, utilisent les techniques traditionnelles.
Vous trouverez des détails complémentaires dans la rubrique "Catalogue / Ligne Kôki".

La laque japonaise

L'urushi est la laque japonaise si réputée, reconnue dans toute l'Asie comme l'une des plus pures et qui permet le travail le plus raffiné.
La laque japonaise a de nombreuses fonctions. Pour les tansu, ce sont avant tout la protection du bois et l'embellissement du meuble.
La laque est indisociable des tansu car ceux-ci sont le plus souvent laqués. En effet, le client qui avaient les moyens de posséder des kimono et de s'offrir un meuble, voulait le protéger dans le temps et tenait à ce que le tansu renvoie une image de richesse correspondant à son statut social.
Quoi de mieux que la laque, réservée aux objets les plus raffinés ?
Elle peut laisser voir les belles veines du bois ou être épaisse et brillante. Elle peut également avoir des incrustations de nacre et être peinte à l'or.

N'est pas laqueur qui veut. On dit au Japon qu'il faudrait 900 ans d'apprentissage pour maîtriser la centaine d'étapes du laquage... C'est ce qui explique qu'un même artisan laqueur ne fait souvent que quelques opérations, avant de passer le relais à son confrère.

Pour nos tansu neufs, nos artisans laqueurs utilisent les techniques traditionnelles.
Vous trouverez des détails complémentaires dans la rubrique "Catalogue / Ligne Kôki".

Les ferrures

Les ferrures, elles aussi, sont aussi indisociables des tansu
Elles sont l'héritage très direct des samurai, ce qui explique qu'elles aient tant de caractère.
Chaque région a ses motifs et formes de prédilection. Plus encore, chaque artisan.
On trouvera assez souvent des ferrures décoratives et des ferrures stucturelles (pour renforcer le meuble).
Ciselées main pour les plus belles, elles requièrent des techniques proches de celles de l'orfèvre.
Laissées nues (gris métal) ou elles-mêmes laquées, elles sont la signature des tansu. Elles se patineront avec le temps.

Tout comme la laque, le métal, rare, était signe de richesse, et les ferrures les plus grosses, les plus épaisses, les plus travaillées, font la valeur du meuble.

Vous trouverez des détails complémentaires sur les ferrures dans la rubrique "Catalogue / Ligne Kôki".

 
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